Conference de la famille 2005 - internet
Extrait du discours de Villepin concernant internet lors de la conférence de la famille :
Le deuxième axe de la conférence de la famille 2005 vise à créer un environnement favorable à l’utilisation d’Internet par les enfants et les adolescents. Le rapport du groupe présidé par Joël Thoraval, qui inspire nos travaux, marque une étape importante. Chacun sait combien Internet est présent dans les familles : 90% des jeunes surfent à domicile sur un ordinateur familial ; plus de la moitié d’entre eux utilisent les « chats ».
Mais une part importante des contenus de l’Internet n’est pas adaptée aux enfants :
Ils peuvent être involontairement confrontés à des contenus choquants voire traumatisants.
Ils peuvent se voir proposer une rencontre physique sur un « chat ».
Ils peuvent engager la responsabilité pénale de leurs parents par des propos sur un « blog ». Enfin, le développement de la téléphonie mobile amplifie le risque pour les enfants de se trouver, sans contrôle parental, confrontés à des contenus préjudiciables, pornographiques ou illicites.
Pour faire face à ces dangers, nous devons faire appel à la responsabilité de tous : responsabilité des parents, qui doivent veiller à la bonne utilisation du Net par leurs enfants. Responsabilité de tous les acteurs du net aussi.
A ma demande et à celle de Thierry Breton, un groupe de travail avec les professionnels a été constitué en avril 2005 pour développer un label citoyen, sous l’égide du Forum des droits sur Internet. Ce label, qui s’appliquera à tout fournisseur de services, incitera les professionnels à se doter de bonnes pratiques en matière d’information du public, de fournitures d’outils techniques de protection et de coopération avec les autorités de police.
Je souhaite que ce label prenne en compte la dimension « famille » et s’inscrive dans la campagne massive de mobilisation lancée par le gouvernement à ce sujet. Il deviendra ainsi un véritable label « qualité famille » attribué aux outils, services et sites qui répondent à un cahier des charges strict. Il permettra aux parents, face à la diversité des produits et des informations disponibles sur l’Internet, de connaître ceux et celles présentant toute les garanties quant à la protection de leur enfant.
Plus généralement, je veux que les risques pour un enfant de tomber sur des contenus choquants soient très fortement réduits. Des outils existent : il s’agit de logiciels de filtrage ou de contrôle parental. Ils ne sont pas parfaits. Mais c’est un premier pas pour éviter les mauvaises rencontres.
Depuis plus de cinq ans, les fournisseurs d’accès à Internet doivent proposer ces logiciels aux internautes. Cependant, ils sont rarement installés sur les ordinateurs et, quand c’est le cas, ils sont trop complexes d’utilisation.
C’est comme si, aujourd’hui, la ceinture de sécurité n’était pas automatiquement fournie lorsque l’on achète un véhicule. Je souhaite renforcer l’obligation qui pèse sur les fournisseurs d’accès afin que ces logiciels soient disponibles automatiquement et pour tous : la discussion technique sur les critères minimaux de qualité et d’efficacité que devront respecter les outils de filtrage ou de contrôle parental sera menée en étroite liaison avec les professionnels.
A défaut de solution concertée dans les semaines à venir, la législation sera modifiée pour assurer une protection adéquate des mineurs. Les dispositions prises par le CSA, en accord avec la CNIL, en matière d’accès aux contenus pornographiques ou de très grande violence diffusés par les chaînes de télévision montrent que de tels dispositifs se révèlent très efficaces pour la protection des mineurs sans porter atteinte à la liberté des usagers adultes, qui peuvent les désactiver une fois pour toutes pour leur propre usage.
22 septembre 2005

