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Sous le déguisement, il y avait plusieurs rangées
: à côté de moi se trouvait une fille d'à
peu près mon âge, une petite chinoise aux yeux bridés
qui chantait dans sa langue. Nous allions assez vite mais tout d'un
coup, le mouvement s'accéléra, et je vis sous mes
pieds une passerelle délabrée. Nous étions
donc sur un pont suspendu.
J'interrogeais du regard la petite chinoise. Elle crut que je lui
demandais son nom, et elle me dit : "Kyo". De mon côté,
je me sentais obligée de répondre, et je lui dis :
"Léa". Elle me fit un grand sourire qui me dévoila
ses jolies dents blanches, comme une rangée de perles. Je
sus dès lors que c'était mon amie et j'en profitais,
par signes, pour lui demander où nous étions. Elle
me répondit, elle aussi par signes, que le pont suspendu
sur lequel nous déambulions se nommait "le Pont des
Miracles". Ouaah ! A vrai dire, cette petite promenade à
travers les rues de Pékin me ravissait de plus en plus !
Alors, ne me souciant plus de rien, je chantais avec les autres,
ne comprenant rien aux paroles, mais y prenant un plaisir intense.
Une heure passa et finalement, je commençais à me
lasser, d'autant plus que mes cordes vocales étaient bien
fatiguées. Bref, l'idée de retrouver mes parents ne
fit pas que me traverser l'esprit. En plus j'avais bien faim. Je
fis comprendre tout cela à Kyo, qui sortit de sa poche un
pain au chocolat (spécialité asiatique ?) qu'elle
me tendit avec un grand sourire. Je m'empressais de mordre dedans
avidement et, après une semaine de riz-nems, j'étais
bien contente de retrouver un peu de cuisine française. Et
quel délice ! Jamais je n'en avais mangé de meilleur.
Enfin. Je commençais à avoir très peur :
le dragon vivant dans lequel j'étais embarquée avançait
de plus belle, sans se fatiguer. Kyo et moi ne suivions plus la
cadence, mais je ne vous dis pas la difficulté pour sortir
de ce pétrin ! Prenant notre courage à deux mains,
nous courions en sens inverse du courant, ce qui valut à
Kyo de belles écorchures. Enfin sorties du dragon, nous nous
retrouvions dans le foule, et malheureusement, toujours sur le pont
suspendu, qui n'en finissait pas de finir. Nous marchions, toujours
dans le sens inverse de la foule. Nous nous frayons un chemin parmi
tous les gens joyeux, qui ne faisaient manifestement pas attention
à nous. J'avais les larmes aux yeux.
Nous venions de revenir sur la terre ferme quand j'entendis une
voix crier mon nom. C'était mes parents ! Hourra ! J'étais
sauvée. Je marchais en direction de cette voix et je me retrouvais
dans les bras de ma mère, pleurant à chaudes larmes.
Kyo aussi était là. Comment la remercier ? D'abord
j'expliquais à mes parents la gentillesse dont elle avait
fait preuve à mon égard, et ils comprirent que c'était
important pour moi de lui prouver mon amitié. Ils m'offrirent
le plaisir de l'emmener en France avec moi, et nous devînmes
les meilleures amies du monde. Elle apprit le français, et
nous pûmes enfin converser en parlant.
Finalement, voilà comment une après midi plutôt
embarrassante fit découvrir une belle amitié !
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